
Deux ans après avoir confisqué l’État, le général Tiani s’attaque désormais à l’armée elle-même. La purge engagée depuis quelques jours au Niger vise les mutins des casernes de Termit, Fillingué, Téra et Tahoua, mais aussi des colonels-majors et deux généraux, dont l’un membre du CNSP. Un tournant dont l’issue pourrait lui échapper.
Près d’un an après les mutineries qui ont secoué les casernes de Termit, Fillingué, Téra et Tahoua, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) vient de déclencher ce que plusieurs sources internes décrivent comme une opération de purge méthodique au sein des forces armées nigériennes. Le détonateur : l’effondrement en cours au Mali, dont les ondes de choc atteignent désormais Niamey, et semblent avoir convaincu le général ravisseur qu’il ne peut plus se permettre de laisser des foyers de révolte en liberté dans ses propres rangs.
Depuis quelques jours, les mutins de Termit sont regroupés à la brigade de recherche de la gendarmerie de Niamey, en face du camp de la garde nationale, à quelques mètres de la présidence. Le symbole est difficilement anodin.
Selon notre source, les autres militaires acteurs des mutineries de Fillingué, Téra et Tahoua sont les prochaines cibles, en plus de quelques colonels-majors et deux généraux réputés pourtant proches du CNSP. Parmi ces deux généraux, le général Plaquette, gouverneur de la ville de Niamey, qui a eu à visiter de façon pas très amicale les locaux de la DGDSE il y a quelques mois. Le second général, quant à lui, est membre du CNSP.
Reste que la médecine peut tuer le patient. En traquant jusque dans ses propres rangs les officiers jugés incontrôlables, y compris ceux qui l’ont porté au pouvoir ou siègent à ses côtés, le général Tiani prend le risque d’accélérer précisément ce qu’il cherche à éviter : une fracture ouverte au sein d’une institution militaire déjà fragilisée par deux ans de gouvernance par décret, de paupérisation du rang et de confiscation du politique.
Jusqu’où Tiani ira-t-il ? Dans un Niger adossé à un Mali en décomposition, la réponse à cette question engage désormais la survie de l’institution militaire elle-même.
Hamid Amadou N’gadé

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